Enseignement : Réforme du programme d’Histoire

Deux ou trois heures pour étudier la guerre de 14-18, trois heures et trente minutes, contrôle compris, pour étudier la Seconde guerre mondiale… C’est désormais le temps dont disposent les professeurs d’Histoire-Géo pour faire ingurgiter ces deux grandes parties de notre passé aux lycéens. Retour sur cette réforme qui a tout changé avec l’enseignant Yannick Le Gruiec.

La réforme du lycée a entraîné la disparition de l’histoire-géographie des enseignements obligatoires en terminale S. Les élèves de première S suivent un nouveau programme qui est commun aux autres séries générales de L et ES. Les classes de première et de terminale étudiaient le monde contemporain du milieu du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui. La même période a donc été condensée pour être étudiée en un an.

Le professeur qui suit les thèmes dans l’ordre proposé (et c’est difficile de faire autrement) abordera en premier le génocide des populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale (thème : la guerre), un peu plus tard le régime nazi (thème : le totalitarisme), puis encore plus tard l’affaire Dreyfus (thème : la République).

Pour justifier le temps réduit consacré à l’étude d’événements aussi fondamentaux que les guerres mondiales, la colonisation ou bien les régimes totalitaires, l’histoire contemporaine a été divisée en grandes rubriques fourre-tout (la «guerre», la «République», le «totalitarisme») qui regroupent des petits morceaux d’histoire. Concrètement, le thème intitulé «la guerre au XX è siècle» englobe comme supports d’étude les deux guerres mondiales, les organisations internationales nées à la suite de ces deux conflits (SDN et ONU), la guerre froide et différents conflits depuis 1990. Il est conseillé officiellement de consacrer au maximum 17 heures pour l’ensemble du thème. Certes, chaque «support d’étude» est problématisé, par exemple, la Première Guerre mondiale est abordée sous l’angle de l’expérience combattante dans une guerre totale mais, au final, les élèves ont bénéficié de deux-trois heures pour étudier 1914-1918. Avec un peu de bonne volonté de la part de leur professeur, un tout petit plus pour la Seconde Guerre mondiale : Trois heures et trente minutes ; contrôle compris. […]

La chronologie a été largement abandonnée car ces thèmes rassemblent des «questions» très distinctes (par exemple le 11 septembre 2001 est rangé dans le même thème que la Première Guerre mondiale). Le professeur qui suit les thèmes dans l’ordre proposé (et c’est difficile de faire autrement) abordera en premier le génocide des populations juives pendant la Seconde Guerre mondiale (thème : la guerre), un peu plus tard le régime nazi (thème : le totalitarisme), puis encore plus tard l’affaire Dreyfus (thème : la République). Le flashback comme outil méthodologique. Bonne chance à tous les élèves pour bien comprendre les causes de l’extermination des Juifs européens. Une dernière remarque en ce qui concerne la géographie. Les élèves en S n’aborderont pas dans leur cursus au lycée ni la mondialisation, ni l’Asie de l’Est. Par contre, ils auront étudié leur ville, leur région, et l’Union européenne. […]

Marianne 2 – 29/12/2011

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74 responses to “Enseignement : Réforme du programme d’Histoire”

  1. D'Artagnan says :

    Pour ma part, je me suis toujours demandé quoi penser de ce cours d’Histoire de Benjamin Freedman, un juif converti au christiannisme et très critique du sionisme, par son discours de 1961 concernant les raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis en 1917 l’impact que cela a eu sur la perception des juifs par les allemands :

    http://www.propagandes.info/product_info.php/discours-de-benjamin-freedman-en-1961-sur-le-sionisme-p-167

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Harrison_Freedman

  2. saurien says :

    Voici un article paru la semaine dernière sur le même thème.
    Édifiant …

    Omissions et demi-vérités historiques

    « Nous assistons à la destruction programmée de l’histoire de notre pays. Fait d’autant plus choquant que cette entreprise a été mise en oeuvre par l’institution scolaire elle-même dans un acte presque suicidaire… »

    Les épisodes les plus divers de l’histoire font l’objet de manipulations ou d’altérations.

    article complet :

    http://www.valeursactuelles.com/dossier-d039actualit%C3%A9/dossier-d039actualit%C3%A9/omissions-et-demi-v%C3%A9rit%C3%A9s-historiques20111221.html

  3. Lug says :

    On voit clairement quelle communauté pervertit dans son intérêt l’enseignement de nos enfants

  4. fandesouche says :

    Merci aux institutrices des écoles privées qui ont donné à ma fille les bases de la culture française, surtout les maîtresses d’école « à l’ancienne » qui osaient faire réciter tables de multiplication et poésies, donner un aperçu des fables de La Fontaine, etc… Par contre,vis-à-vis des adeptes des pédagogies « modernes » qui embrouillaient tout, rendaient compliquées les notions les plus simples, je suis moins reconnaissante. Mais cela était peut-être dû à leur formation. Pour ce quinquennat, en ce qui concerne l’enseignement, j’en retiens : une demi-journée de moins en primaire (il y avait déjà des élèves ne sachant pas lire en sixième, alors maintenant…), et cette réforme de l’histoire qui me choque (encore moins de chronologie, notions enseignées de manière tendancieuses et embrouillées, etc…). Bon, si nous le pouvons, gardons nos beaux livres d’histoire quand on l’enseignait encore correctement, il y a 20 ou 30 ans, les Lagarde et Michard…(comme la méthode Boscher, indémodable)

  5. Phenix17 says :

    Le récit shoahtique consiste à dire que les Juifs sont collectivement des victimes, et les Blancs collectivement des bourreaux. Par contre, si je critique l’activisme anti-blanc des activistes juifs anti-blancs, même sur des points très précis, je risque de me retrouver au tribunal pour incitation à la haine/violence raciale contre les Juifs-en-général en raison de leur race/religion.

    Autrement dit, la dénonciation ciblée de l’activisme juif est interdite, tandis que l’école et les médias pratiquent avec zèle la dénonciation des Blancs EN BLOC !

    Conclusion: Les activistes juifs tiennent le pouvoir.
    Conclusion secondaire: la politique d’immigration vient bien d’eux.

    S’il y a un défaut dans mon raisonnement, il faut m’expliquer où.

  6. fandesouche says :

    Je reprends : »de manière tendancieuse et embrouillée ». (Pour un commentaire sur l’enseignement, laisser des fautes d’orthographe, c’est moyen. J’espère qu’il n’y en a pas d’autres).

  7. Augier Boward says :

    Principe says : 29/12/2011 à 20:58 Beyle:”Quand à parler d’extermination pour les ju.ifs, c’est largement exagéré”

    Comment pouvez-vous oser dire ça ?

    Je veux bien accepter le fait que le monde dans lequel nous vivons met trop souvent l’accent sur ce point capital de la seconde guerre mondiale, mais six millions d’assassinats, n’est pas énorme pour vous ? Parler de gén.ocide est exagéré?

    ______________
    Tiens!
    En voilà une réaction qu’elle est bonne et saine!

    Sans me vanter, j’ai eu exactement la même, moi le « bulot inculte bien pensant », en entendant parler de « détail » …

    Alors je me suis renseigné (quand on est pas cultivé hein!)

    *****

    Wikipédia: (bah oui, si je cite Bainville ou Sévillia, que ne dira t’on pas!)

    En décembre 1942, Him.mler prend la décision de déporter vers Ausch.witz tous les Tziganes d’Europe, mais se désintéresse rapidement du sujet qui ne constitue pas un enjeu stratégique de première importance.
    On peut estimer que pendant la Seconde Guerre mondiale, entre 50 000 et 80 000 Tziganes sont morts des suites des mesures de persécutions na.zies
    Au total, environ les trois quarts des ju.ifs de l’Europe occupée, totalisant, selon Raul Hilberg, au minimum 5 100 000 personnes sont exterminées

  8. Augier Boward says :

    histgeo.com

    La Seconde Guerre mondiale est une hécatombe épouvantable. C’est le conflit le plus meurtrier de tous les temps avec environ 50 millions de morts.

    Certains pays sont particulièrement touchés : l’URSS totalise à elle seule 21 millions de morts (plus de 12% de sa population), la Chine a connu plus de 13 millions de morts, l’Allemagne : plus de 7 millions de morts (soit plus de 10% de sa population).

    Les pays d’Europe de l’ouest et bien sûr les États-Unis sont moins touchés. Les Français sont plus de 600.000 à être morts pendant la guerre (soit 1,5% de la population totale de 1939). C’est 6 fois moins que les morts français de la Première Guerre mondiale (d’où l’image de « Grande Guerre » pour la France).

    http://www.cndp.fr/crdp-reims/memoire/bac/2GM/etudes/05morts.htm

    Pays Pertes militaires Pertes civiles Pertes totales En % par rapport
    à la population totale d’avant-guerre
    URSS 13 600 000; 7 500 000; 21 100 000; 10,0 %
    Pologne 120 000; 5 300 000; 5 420 000; * 15,0 %
    Yougoslavie 300 000; 1 200 000; 1 500 000; 10,0 %
    Allemagne 4 000 000; 3 000 000; 7 000 000; 12,0 %
    Japon 2 700 000; 300 000; 3 000 000; 4,0 %
    Italie 300 000; 100 000; 400 000; 1,0 %
    France 250 000; 350 000; 600 000; 1,5 %
    Royaume-Uni 326 000; 62 000; 388 000; 0,8 %
    États-Unis 300 000; – 300 000; 0,2 %
    Chine Entre 6 000 000 et 20 000 000 –

    * Dont 3 millions de J.uifs
    D’après Marc NOUSCHI, Bilan de la Seconde Guerre mondiale, Le Seuil, 1996

    ********
    A la lecture de tous ces chiffres terrifiants, le bulot inculte que je suis se pose donc la question suivante:

    Pourquoi ce focus sur les Ju.ifs et les Tziganes?

    Sur un plan émotionnel, je comprends très bien l’existence de romans, de films etc… sur la shoa.h, mais sur un plan historique, pouvez-vous « Principe » m’expliquer l’impérieuse priorité qui lui est donnée?

    « six millions d’assassinats, n’est pas énorme pour vous ? Parler de gén.ocide est exagéré? »

    C’est un gén.ocide, mais pas du fait du nombre de morts! C’est l’intention qui fait un gé.nocide. Sinon que dire des vingt millions « d’assassinats russes »?
    C’est encore plus un gé.nocide alors?

  9. diberville2 says :

    S’il n’y avait que le programme d’histoire….

    Un de mes enfants qui suit le programme français a dû faire en 3e un devoir de français où il devait commenter un extrait de La Vie est belle

    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_vie_est_belle_(film,_1997)

    et dire comment il aurait annoncer la « vérité » comme quoi les Juifs devenait du savon, etc.

    Or c’est une légende même pour un gars comme Karmasyn…

    http://www.phdn.org/negation/savonbauer.html

  10. Phenix17 says :

    Augier Boward:  » C’est l’intention qui fait un génocide. « 

    Exactement. Et la loi Gayssot est surtout une loi qui proclame l’intention génocideuse des Allemands-en-général envers les Juifs. Car s’il s’agissait seulement de condamner quelques responsables du gouvernement, ça n’aurait aucun intérêt.

    À mon avis, la plupart des Allemands étaient comme la plupart d’entre nous: ils ne connaissaient pas de Juifs et n’avaient pas vraiment d’avis à leur sujet.

  11. Principe says :

    A Augier Boward.

    Les 3 millions de morts juifs concernent uniquement le territoire qu’occupait la Pologne avant la guerre. Le nombre total de victimes juives s’approche des 6 millions.

    Bien-sûr, on parle de génocide car la volonté était de faire disparaître un peuple, et cette volonté a quasiment été exaucée !

    Peut-être qu’il y a eu plus de morts soviétiques, mais bien que les nazis en ont fait mourir beaucoup dans des camps, une bonne partie a été tuée sur les champs de bataille, et de nombreux civils ont été tués lors des campagnes militaires.

    En ce qui concerne les juifs, ils ont tous été tués dans des camps ou des ghettos. Impossible donc de comparer ces morts programmées aux morts qui arrivent lors de batailles ou bombardements.

  12. Phenix17 says :

    Principe: bla bla bla

    C’est dommage que le système français d’intimidation judiciaire rende une réponse impossible.

  13. Gloups says :

    Comme ça les enfants pourront voir Inglorious Bastard sans se poser la moindre question sur le manichéisme entre les gentils, les méchants, et les lâches…

  14. kisscoul says :

    nous n’avons pas LE DROIT en France de publier l’expression d’une idée divergente de la version officielle quant à la seconde guerre mondiale.

    Le Bien a vaincu le Mal, on vous dit !!!!

  15. Quad says :

    C’est étrange… personne ne se souviens de ça :

    Article 19
    Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que se soit.

    Déclaration des droits de l’homme. Préambule et partie intégrante de notre constitution.

    Quel dommage que des lois inconstitutionnelles soient toujours appliquées en France….

  16. Augier Boward says :

    Phenix17 says : 29/12/2011 à 23:40 Principe: bla bla bla

    C’est dommage que le système français d’intimidation judiciaire rende une réponse impossible.
    ____________

    😉
    Vous le faites exprès principe?

  17. Nono La Commode says :

    trois heures et trente minutes, contrôle compris, pour étudier la Seconde guerre mondiale…

    y’a un bug là, que fait-on le reste du temps????

  18. pasteur-isé says :

    l’école n’a plus d’avenir, c’est que certain en pense que les cours seront a l’heure du domicile que les manuels scolaire disparaîtront a petit feu comme de certains nazi l’on fait

  19. pi31416 says :

    «La chronologie a été largement abandonnée … le 11 septembre 2001 est rangé dans le même thème que la Première Guerre mondiale.»

    Prétendre enseigner l’Histoire à travers une chronologie bouleversée, en pagaille couvrez, faut le faire. Le résultat, probablement recherché, est de détruire toute notion de l’enchaînement logique des évènements, de leurs causes et de leurs effets. L’école, effectivement, est bien devenue une fabrique visant à ne former que des abrutis, en plus de crétins.

  20. Djamal Cohen says :

    Principe : « Les 3 millions de morts juifs concernent uniquement le territoire qu’occupait la Pologne avant la guerre. Le nombre total de victimes juives s’approche des 6 millions.
    Bien-sûr, on parle de génocide car la volonté était de faire disparaître un peuple, et cette volonté a quasiment été exaucée !
    Peut-être qu’il y a eu plus de morts soviétiques, mais bien que les nazis en ont fait mourir beaucoup dans des camps, une bonne partie a été tuée sur les champs de bataille, et de nombreux civils ont été tués lors des campagnes militaires.
    En ce qui concerne les juifs, ils ont tous été tués dans des camps ou des ghettos. Impossible donc de comparer ces morts programmées aux morts qui arrivent lors de batailles ou bombardements. »

    STP, évite de me faire rire: j’ai les lèvres gercées.
    Merci.

  21. DESOUCHENAUTE says :

    .
    A ce rytme le programme d’histoire de la seconde guerre mondiale se résumera à la visite du camp de Natzwiller.

    NB- Je pressens l’introduction très rapide d’1 heure de programme scolaire axé sur le « printemps arrabe », dont 59 minutes consacrées à la campagne de Libyie non pas du Général Rommel mais du président Sarkozy (devenu aviateur dans l’âme depuis son service militaire)

  22. l'homme says :

    Cette réforme avait ardemment été combattue par des manifestations lycéennes, manifs que veut désormais interdire MLP !

  23. Jacques Bonhomme says :

    On enregistre une perte du sens même de l’étude.‭ ‬On évite les questions substantielles liées aux valeurs,‭ ‬aux convictions,‭ ‬aux traditions culturelles de notre peuple‭…‬
    Notre système éducatif est devenu d‭’‬une superficialité‭ ‬consternante.‭ ‬Qu‭’‬est-ce qu‭’‬ éduquer s‭’‬il n‭’‬existe pas un patrimoine de valeurs et de savoirs,‭ ‬une tradition qu‭’‬on estime digne d’être transmise et pour laquelle,‭ ‬justement parce qu‭’‬on lui reconnaît une valeur,‭ ‬l‭’‬on est prêt à faire des efforts ‭?

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