L’Etat dépense plus de 13 milliards pour la culture

Non, la culture n’est pas le domaine de saltimbanques gourmands en subventions que l’on décrit parfois. C’est un secteur productif, crucial pour la « marque France ». C’est en substance un des messages que veut faire passer le rapport publié vendredi 3 janvier par le ministère de la culture et réalisé conjointement avec celui de l’économie.

L’exercice est politique : sont mis en avant tant les 13,4 milliards d’euros d’apports publics divers à la culture en 2012 que la richesse créée. Le document s’attache à calculer un « PIB culturel » : la valeur ajoutée des activités culturelles retenues s’élève ainsi à 57,8 milliards d’euros, soit 3,2 % de la valeur ajoutée française en 2011. Autant que la filière agricole…

Le prisme est toutefois assez large : le rapport intègre la publicité ou le patrimoine. Et des activités indirectes (dont 5,6 milliards d’euros de restauration du patrimoine).

Le document comptabilise 670 000 emplois dans les entreprises culturelles – soit 2,5 % de l’emploi en France –, et 870 000 emplois culturels, toutes entreprises confondues. Et tente d’évaluer l’impact positif des investissements culturels au niveau local.

Point sensible : Bercy et la rue de Valois précisent l’effort financier de l’Etat en faveur de la culture. Les auteurs soustraient de ce total de 13,5 milliards d’euros certaines dépenses (l’éducation artistique ou les bibliothèques universitaires) pour obtenir 9,3 milliards de dépenses de l’Etat « ayant un impact sur l’économie ». Soit 16 % de la valeur ajoutée culturelle totale ou 7,2 % de sa production (qui inclut aussi les consommations intermédiaires : papier, électricité…). « Le secteur n’est donc pas tant subventionné que cela par l’Etat », note-t-on rue de Valois.

Il faut ajouter à cela les dépenses des collectivités territoriales, évaluées à environ 7,6 milliards d’euros (dont une partie vient de l’Etat). En outre, les auteurs choisissent de ne pas prendre en compte le déficit de l’assurance-chômage des intermittents, évalué entre 320 millions et 1 milliard d’euros.

Plus largement, le calcul masque de très grandes disparités : l’audiovisuel bénéficie au total de 5 milliards d’euros d’intervention publique. A elle seule, la redevance qui finance France Télévisions ou Radio France pèse 3,2 milliards d’euros en 2012, auxquels s’ajoutent 357 millions d’aides du CNC, 446 millions d’exonérations de redevance, environ 400 millions de compensation de la suppression de la publicité et 462 millions de contribution à la diversité. Soit l’équivalent de 32 % de la production totale du secteur audiovisuel. Un chiffre proche de celui l’accès à la culture et au savoir (soutien équivalent à 29 % de la production).

A l’opposé, cinq secteurs sont jugés faiblement touchés par l’intervention publique (moins de 1 % de la production, entre 0 et 44 millions d’euros) : arts visuels, livre, architecture, publicité et industries de l’image et du son. Pour le patrimoine (1,1 milliard), le cinéma (476 millions), le spectacle et les concerts (830 millions) et la presse (844 millions), l’impact public varie de 5 % à 7 % de la production…

Le Monde

Étiquettes : ,

19 responses to “L’Etat dépense plus de 13 milliards pour la culture”

  1. X says :

    462 millions à la diversité
    ouf ! l’honneur des divers est sauf .
    ils pourront faire ch*** à volonté.
    subsidiaire mais quand même : à quoi sert réellement cet argent, concrètement? A rien me dit-on.
    enfumage, enfumage … 462 millions pour produire stromae et abdalmalik ça paraît un peu cher , y a des privilégiés, c’est clair …

  2. babar says :

    C’est quoi comme culture. l’Etat dépense plus de 13 milliards pour la culture des navets

  3. Dragondenoailles says :

    La culture de quoi ?
    Cannabis, pavot ?

  4. Elle ipse says :

    c’est de la « sous-culture » à double étymologie (sous = dessous ou sous = notre fric) qui marche dans les deux sens de toute façon.

  5. diberville2009 says :

    Cela fait beaucoup de clients du régime qui ont intérêt à ne pas être trop subversifs.

  6. Hugues de Payns says :

    462 millions pour produire stromae et abdalmalik
    ———
    Tu m’étonnes ! Stromae qui répète 157 fois « Formidable » et « Fort minable » dans ce qui lui sert de dernier tube, c’est gerbant…

    Et dire que certains tentent de nous le vendre comme étant le nouveau Jacques BREL !!! Rien moins que çà…

    Une brêle, oui…

    • sophile says :

      Cette chanson « Forminable » n »‘est-ce pas une reprise ??? Il me semble.

  7. sophile says :

    Les Français ont boudé les salles de cinéma en 2013, quelle importance, les films sont subventionnés, les « producteurs s’en remplissent les poches (n’est-ce pas Melissa Thuriau ??). Voilà où passe l’argent : notre argent.

    • franceL says :

      C’est vrais! les Français ferme doucement la pompe a fric ( un peut tard ).
      Mais on détruit pas les rats comme ça! c’est les rats qui s’autodétruisent entre eux quand il ne mange plus a leur faim.
      Il n’y aura pas de salut pour la médiocrité.

  8. kiko88z23 says :

    Un gâchis chez sûr pour le clientélisme !

  9. St-Michel says :

     » Bercy et la rue de Valois précisent l’effort financier de l’Etat en faveur de la culture. Les auteurs soustraient de ce total de 13,5 milliards d’euros certaines dépenses (l’éducation artistique ou les bibliothèques universitaires) pour obtenir 9,3 milliards de dépenses de l’Etat « ayant un impact sur l’économie ». Soit 16 % de la valeur ajoutée culturelle totale ou 7,2 % de sa production (qui inclut aussi les consommations intermédiaires : papier, électricité…). « Le secteur n’est donc pas tant subventionné que cela par l’Etat », note-t-on rue de Valois.

    Il faut ajouter à cela les dépenses des collectivités territoriales, évaluées à environ 7,6 milliards d’euros (dont une partie vient de l’Etat). En outre, les auteurs choisissent de ne pas prendre en compte le déficit de l’assurance-chômage des intermittents, évalué entre 320 millions et 1 milliard d’euros. »

    Et on peu rajouter les manques à gagner provoqués par la politique (culturelle) de l’Etat: en effet nos chers entreprises qui investissent dans l’art contemporain (il faut que l’artiste soit vivant) bénéficient d’une déduction fiscale (c’est d’ailleurs pour cette raison que tant d’entreprises Française organisent des expos d’art contemporain), et ces déduction fiscale représentent finalement un cout pour l’état, car l’argent dépensé pour acheter des merdes modernes aurait du finir dans les caisses de l’Etat.
    Ils oublient aussi de mentionner la non imposition des œuvres d’art qui est un autre moyen de financer la « culture ».

  10. janot says :

    Mais comment a fait pilipetti pour taxer tout cet argent a tout mou 1er???? elle a écarté quoi,ou qui………

  11. Gabriel says :

    Il faut bien cela pour compenser les bides des films propagande comme La Marche. Pour ma part, tous les films où les acteurs ayant ouvertement fait part de leur vote et de leur amour immodéré pour la diversité, jouent, je les ignore. Je ne dépenserai pas un euro pour ces idiots utiles de la bobosphère. Il me reste les livres et leurs bons auteurs comme L. Obertone 🙂
    Nous avons encore le pouvoir économique d’affaiblir les journaux, la TV, le cinéma, les commerces halalisant, etc…ne nous en privons pas.

  12. tangosierra74 says :

    13 milliards pour 670.000 emplois soit une subvention de l’état de 20.000 € par emploi. Voilà tout est dit !

  13. Gabriel says :

    Comme disait Coluche, je me maaare
    >>> Le box-office français de 2013

    Enfin, la part de marché des films français est en sensible baisse sur un an, s’établissant à 33,3% contre plus de 40% l’année dernière. Du jamais vu depuis 2000 précise le CNC. A l’inverse, le cinéma américain grimpe de 11 points passant de 42% à 53,9%.

  14. capitainejb says :

    Quelle joie de m’avoir volé pour financer la Marche, n’est-ce pas Filipettoche?

  15. Cedericoco says :

    Treize milliards d’euros du contribuable pour que la « marque France » ce soit Debbouze, Merad, Cali, Plus belle la Vie, Caron et Ruquier, Barbier chez Calvi, …

%d blogueurs aiment cette page :