Taubira : Dieudonné, un «pitoyable bouffon»

Dans une tribune publiée sur le Huffington Post, Christiane Taubira se livre à une attaque sans concession de Dieudonné. «Il est triste, infiniment triste, d’achever une année sur les pitreries obscènes d’un antisémite multirécidiviste», regrette la garde des Sceaux.

«Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce crime contre l’humanité ? Faut-il avoir rompu avec les hommes pour ne pas être saisi d’effroi à l’évocation de la machination démente qui a organisé le discrédit, la cabale, les rafles, le transport surencombré, la promiscuité, le tri à l’arrivée, l’entassement dans les camps, le rituel macabre de la procession jusqu’aux chambres à gaz ?», s’interroge la ministre.

Alors que Manuel Valls propose l’interdiction des spectacles de l’humoriste controversé, Christiane Taubira plaide pour des sanctions. «Ces ignominies sont des délits. Elles sont matière pour la Justice. La Justice n’a pas failli. Les procureurs ont poursuivi, les juges ont jugé. Les condamnations sont multiples. Il appartient aux magistrats d’apprécier le degré de gravité qu’induit la multirécidive. Mais il revient aussi à la Justice de veiller à l’exécution de ses décisions». Condamné à huit reprises et relaxé plusieurs fois, notamment pour antisémitisme ou injure raciale, Dieudonné ne s’est pour l’instant acquitté d’aucune amende, dont le total cumulé s’élève à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

«Sanctionner avec efficacité est indispensable mais ne suffira pas. Pas lorsqu’un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d’un scandale que sur les risques judiciaires», ajoute la ministre de la Justice. «Ces provocations putrides testent la société, sa santé mentale, sa solidité éthique, sa vigilance. Il nous faut y répondre, car la démocratie ne peut se découvrir impuissante face à des périls qui la menacent intrinsèquement. Il faut donc descendre dans l’arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l’espace de vie commune, faire reculer cette barbarie ricanante, la refouler, occuper le terrain par l’exigence et la convivialité».

Le Figaro

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22 responses to “Taubira : Dieudonné, un «pitoyable bouffon»”

  1. Albéric Marchetta says :

    La ministre sort des son rôle, elle ne peut ainsi désigner un citoyen à la vindicte en l’injuriant gravement. Elle bafoue la présomption d’innocence alors qu’elle est ministre de la justice.

    • Ah Tôb ira, Tôb ira says :

      Ce n’est pas le moment de poser culotte, mais acte d’autorité.

  2. perchè_no says :

    Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce crime contre nature ? Faut-il avoir rompu avec les familles pour ne pas être saisi d’effroi à l’évocation de la machination démente qui a organisé le discrédit sur le vrai père, la vraie mère, les naissances, le droit sans les devoirs, la GPA, le tri pendant le processus, l’entassement dans les poubelles, le rituel macabre de la PMA et de la vente des bébés … ?

  3. babar says :

    Tais toi grosse bouffonne !

  4. Gabriel says :

    La boule de gras a provoqué plus les FDS avec sa loi parodie de mariage que Dieudonné ne l’a encore fait. L’artiste controversé, on peut éviter son spectacle, le boycotter (Aram et son émission merdique, 2 Bouses et son film de propagande La Marche), par contre l’indépendantiste guyanaise, le cynique pingouin nous l’a imposé pour mieux déconstruire la France.

  5. Bouc du Rove says :

    Il n’y a que le gros DSK qui puisse la calmer en deux coups de quenelle à pot…

  6. Justin de Marseille says :

    Elle commence à nous gonfler cette femme, avec ces diarrhées verbales !!! Un peu de tenue, voyons, madame indépendantiste.

  7. Raymond La Science says :

    L’antiracisme en carton est le donjon de papier du château de cartes socialiste .

  8. Torcos92 says :

    Taubira sérieusement, dans moins de 3 ans toi et le PS vous dégagez a tout jamais du paysage politique, et il y a des chances non négligeables que vous dégagiez dans la violence, virés par le peuple.
    Dieudonné vous survivra bandes de déments, dans 3 ans il sera toujours la et a dors et déjà plus de soutient dans la population que les traitres du PS. N’oubliez SURTOUT pas, ne tapez pas trop fort dessus, car il y aura match retour.

  9. camarg says :

    Elle nous emmerde cette Rougegarde ….:)

  10. Van de Face says :

    Communiqué du cirque Derpin: nous sommes au regret d’informer nos spectateurs que notre attraction vedette « la sorcière de Cayenne » ne pourra effectuer son numéro de haute voltige sur son balai. Elle a chuté à l’entrainement sur le manche de son balai, transportée à l’hôpital, les services du professeur Nétoilanus ont fait la maximum, mais il parait qu’au fond du fion il en reste un morceau. La sorcière de Cayenne sera remplacé par l’illusioniste Manuel Padamalgame qui sous vos yeux! fera disparaitre 60 000 délinquants et 500 voitures brûlées!…

  11. Hugues de Payns says :

    Miroir, Ô mon miroir…

  12. OuiLaFrance says :

    Elle me les brise sévère celle la.

  13. X says :

    dieudonné est un pitre c’est un fait
    mais que le gouvernement ne soit pas capable d’en finir est bien plus problématique.
    soit on le laisse aller soit on l’enferme mais à la fin, qu’on prenne une décision collégiale et qu’on fasse exécuter la peine.
    enfin, point de discussion inutile mais un acte fait et terminé.
    et il ressort libre, fini et il change. ou pas.
    Mais dieudonné ne changera pas. C’est un perturbateur et les perturbateurs sont faits pour perturber même si cela dérange.
    Qu’on laisse donc ce type en liberté et qu’on le laisse queneller après tout où est l’antisémitisme dans ce geste ?
    ET je ne suis pas fan pourtant, oh que non.
    Mais qu’on le laisse, on a d’autres chats à fouetter – et des vrais, ceux-là !
    DIeudonné c’est une mesure pédagogique supposée être un symbole pour les trop grandes gueules et ceux qui ne respectent pas les bases du vivre-ensemble; mais ce n’est pas sur le point « antisémitisme » qu’il faut les attaquer, mais bien sur d’autres bases judiciaires.
    Mort aux racailles ! Il faut les laisser crever et leur supprimer tout audimat.
    La base d’annulation des spectacles est bien plus efficace, c’est l’outil de travail mais encore une fois, il y en a des gens à faire taire dans le pays, et des bien plus nocifs que dieudonné qui n’est qu’un comique, sans grand talent.

  14. X says :

    dieudonné n’a pas de talent, il fait cela pour faire parler de lui.

  15. X says :

    Elle a raison, Christiane Taubira. Ce type est un bouffon, un pitre qui veut faire parler de lui.

  16. Francois Desvignes says :

    Il y a une différence entre Dieudonné etTtaubira : Dieudonné fait salle comble.

    Et il y a une différence entre la démocratie et la dictature : en démocratie, c’est le peuple qui a raison. En dictature, c’est l’idéologie contre le peuple.

  17. PL24 says :

    Magnifique la statue africaine érigée par François Hollande pour le jardin de l’Élysée.

    Parmi toutes les femmes, une seule a apporté à François Hollande la réalisation de son rêve le plus fou, devenir président de la République.

    Ce n’est ni Ségolène Royal, ni Anne Hidalgo, ni Valérie Trieweiler, c’est Nafisita Diallo.

  18. Alfonso says :

    Le mieux serait que Taubira ferme son clapet. À défaut, elle pourrait essayer de s’exprimer dignement par communiqué ministériel ou par conférence de presse, avec des journalistes choisis. Mais au lieu de ça, elle est convoquée sur le blog juif de la femme du séducteur de Nafissatou, pour y signer une tribune particulièrement grotesque. On admire une fois de plus toute la finesse de nos dirigeants juifs. Taubira vient de prolonger son contrat au ministère. Elle a tapé sur Dieudonné avec les Juifs. Elle ne sautera pas au prochain remaniement. Dire que cette vendue se présentait comme une indépendantiste guyanaise !

    « l’entassement dans les camps, le rituel macabre de la procession jusqu’aux chambres à gaz ? »

    Ils veulent vraiment nous faire croire que c’est Taubira qui a eu l’idée d’écrire ça ? Je crois que Dieudonné n’a pas fini de s’amuser à leurs dépens.

    « lorsqu’un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d’un scandale que sur les risques judiciaires »

    Les Juifs nous annoncent-ils par la voix de Taubira-la-bouffonne une nouvelle révision de la loi sur feu la liberté de la presse ?

  19. Mickael says :

    Huffington Post = Anne Sinclaire
    Donc m’étonne pas du tout puisqu’on sait tous pour qui elle bosse cette mamie 😉

  20. pierreponce says :

    On dit qu’elle est éloquente. Elle a le style typique du n… qui veut se montrer instruit,

    « intrinséquement » là dis donc. Le style « sapeur » intellectuel.

    Les questions oratoires du début, avec leurs mots « littéraires » (frayer, rompre, discrédit, effroi,

    cabale, macabre), qui confinent au galimatias le plus pur :
    « Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce

    crime contre l’humanité ? »
    Que veux-tu dire exactement, Taubi ?

    La deuxième question est une pauvre hypotypose (description « censément » frappante, là dis donc), une

    hypotypose de la Shoah, qui repose sur une longue suite de groupes nominaux qui complètent le verbe

    « organiser ». Cette énumération insiste, dans un registre étrangement complotiste-paranoïaque, sur les

    crimes nazis (« la machination démente qui a organisé, etc. »). Dans le détail, là encore, la formulation est

    du plus pur galimatias :

    « La machination qui a organisé le discrédit » ? (Le discrédit de qui? de quoi?)
    « La machination qui a organisé la cabale » ? (C’est un peu la cabale qui a organisé la cabale, non?)
    « La machination qui a organisé le transport surencombré » ? (On ne peut pas plus mal s’exprimer et avec

    moins de tact : parle-t-elle de la RATP, de Bison fûté?)

    Taubira noie le poisson et cache la misère en faisant long : elle sait (peut-être) que le lecteur moyen n’y

    comprendra rien et trouvera ça beau. A moins (autre possibilité) qu’elle s’en impose à elle-même avec son

    propre charabia.

    Un modèle de phrase horriblement mal construite qui joue les périodes :
    « Faut-il que son talent soit stérile pour qu’il n’ait d’autres motifs pour faire s’esclaffer des esprits

    irresponsables ou incultes ou pervers, qu’une tragédie, un génocide, un indicible drame, de ceux dont on

    sait qu’on ne guérira pas, car rien ne nous consolera jamais des enfants dont la destinée s’est

    interrompue, brusquement ; et avant même cette violence de la mort industrielle, qui ne distingue pas,

    frappe sans rien connaître de ses victimes, la violence de l’arrachement, de la malnutrition, de la

    maladie, du désarroi, de cet inconnu irrationnellement hostile, la violence de la révélation de parents

    démunis qui ne peuvent protéger que par l’amour. »
    Taubi est tellement en roue libre qu’elle oublie que sa phrase était interrogative (au moins pour la

    grammaire) et ne met pas de point d’interrogation.

    Après s’être emmêlée les pieds dans une question creuse à rallonge, elle fait dans la petite phrase

    coupante, genre grand style (brachylogie) :
    « Ces ignominies sont des délits. Elles sont matière pour la Justice. La Justice n’a pas failli. Les

    procureurs ont poursuivi, les juges ont jugé. Les condamnations sont multiples. »
    Le problème, Taubi, c’est que lorsqu’on utilise peu de mots, il faut bien les utiliser. Quand il n’y a

    qu’une idée par phrase, il faut qu’elle soit forte. Il en faut peu pour tomber dans le saugrenu, et du

    saugrenu dans le ridicule.
    Pour la dernière, un peu plate, j’aurais préféré, dans le style Taubi :
    « Maintes condamnations sont tombées. »

    Un must du style sapeur, le verbe « induire » :

    « Il appartient aux magistrats d’apprécier le degré de gravité qu’induit la multirécidive. »

    Donc la multirécidive (beau mot) induit un degré de gravité. Galimatia, quand tu nous tiens…

    « Pas lorsqu’un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d’un scandale que sur les risques

    judiciaires »

    Le sapeur verbal aime la verroterie, le mot clinquant, le bimbelot. Lisez à haute voix cette phrase, ça

    cliquette comme du rap, comme du bijou doré vendu au kilo.

    De même :

    « Ces provocations putrides testent la société, sa santé mentale, sa solidité éthique, sa vigilance. »

    Il ne manque que le beat.

    « Faut-il avoir le cœur sec comme une branche tombée depuis des millénaires et pétrifiée, pour ne pas

    voir un semblable dans l’autre, homme, femme, enfant, celle, celui qui nous manque d’avoir été exterminé

    par cette froide folie ? »

    Le sapeur aime aussi la métaphore qui claque bien, la métaphore sublime : le coeur n’est pas seulement sec,

    il n’est pas seulement sec comme une pierre, non! il est sec comme un fossile. Et attention! il n’est pas

    question de dire simplement « fossile », on développe : une branche tombée depuis des millénaires et

    pétrifiée. Voilà le secret du sublime selon Taubira. Mais j’aurais préféré plus d’exactitude

    scientifique : comme une branche de fougère (Pecopteris arborescens), datant du carbonifère

    supérieur, qui serait tombée et aurait été recouverte de sédiments, ce qui aurait induit une pétrification

    par perminéralisation… A sublime, sublime et demi.

    « Il nous faut y répondre, car la démocratie ne peut se découvrir impuissante face à des périls qui la

    menacent intrinsèquement. »

    Présentement. Se découvrir impuissante, elle ne le peut, présentement. Ce serait un comble,

    là dis donc.

    « Il faut donc descendre dans l’arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l’espace de vie

    commune… »

    Pied à pied, pouce par pouce. Poil après poil. Mais attention aux peaux de bananes.

    « faire reculer cette barbarie ricanante, la refouler, occuper le terrain par l’exigence et la

    convivialité. »

    On ne loue pas assez la force de l’exigence et surtout de la convivialité. Taubira, dans l’arène,

    gladiatrice de la convivialité.

    Comment se manifeste la convivialité selon Taubira ?

    « Agir. Réfléchir et agir. Relire attentivement la circulaire du 27 juin 2012 pour voir si nous aurions

    oublié une ligne, une virgule dont dépendrait l’efficacité des poursuites. Examiner note par note ce qui

    aurait pu être traité différemment, plus sévèrement. Comment faire face à cette nouvelle épreuve pour la

    démocratie ? »

    Les fonctionnaires de la Justice vont faire des heures supplémentaires. Peut-être que spécialement pour

    l’occasion on va en recruter quelques-uns. Il s’agit, pour une fois, d’être efficace. Les voitures brûlent,

    les vieillards meurent torturés, les maisons sont pillées, là où passent les Roms, l’herbe souillée

    d’ordures ne repousse pas. Les radars saluent les go fast de leur flash impuissant. On poignarde à tout va.

    Les kalachs s’entassent dans les caves. Les pompiers craignent moins les flammes que ceux qu’ils sont

    censés secourir. Mais ce qui met la démocratie à l’épreuve et qui exige de mettre en branle tous les

    services de l’Etat, du simple flic jusqu’à Hollande, c’est Dieudonné et ses sketchs.

    « Car il est hors de question de commencer l’année en « livrant le monde aux assassins d’aubes » (Aimé

    Césaire). »

    En effet, les assassins d’aubes sont matière de la justice.

  21. pierreponce says :

    On dit qu’elle est éloquente. Elle a le style typique du n… qui veut se montrer instruit, « intrinsèquement » là dis donc. Le style « sapeur » intellectuel.

    Les questions oratoires du début, avec leurs mots « littéraires » (frayer, rompre, discrédit, effroi, cabale, macabre), qui confinent au galimatias le plus pur :
    « Faut-il frayer avec les monstres pour trouver quelque plaisir à se faire complice, après coup, de ce crime contre l’humanité ? »
    Que veux-tu dire exactement, Taubi ?

    La deuxième question est une pauvre hypotypose (description « censément » frappante, là dis donc), une hypotypose de la Shoah, qui repose sur une longue suite de groupes nominaux qui complètent le verbe « organiser ». Cette énumération insiste, dans un registre étrangement complotiste-paranoïaque, sur les crimes n.azis (« la machination démente qui a organisé, etc. »). Dans le détail, là encore, la formulation est du plus pur galimatias :

    « La machination qui a organisé le discrédit » ? (Le discrédit de qui? de quoi?)
    « La machination qui a organisé la cabale » ? (C’est un peu la cabale qui a organisé la cabale, non?)
    « La machination qui a organisé le transport surencombré » ? (On ne peut pas plus mal s’exprimer et avec moins de tact : parle-t-elle de la RATP, de Bison fûté?)

    Taubira noie le poisson et cache la misère en faisant long : elle sait (peut-être) que le lecteur moyen n’y comprendra rien et trouvera ça beau. A moins (autre possibilité) qu’elle s’en impose à elle-même avec son propre charabia.

    Un modèle de phrase horriblement mal construite qui joue les périodes :
    « Faut-il que son talent soit stérile pour qu’il n’ait d’autres motifs pour faire s’esclaffer des esprits irresponsables ou incultes ou pervers, qu’une tragédie, un génocide, un indicible drame, de ceux dont on sait qu’on ne guérira pas, car rien ne nous consolera jamais des enfants dont la destinée s’est interrompue, brusquement ; et avant même cette violence de la mort industrielle, qui ne distingue pas, frappe sans rien connaître de ses victimes, la violence de l’arrachement, de la malnutrition, de la maladie, du désarroi, de cet inconnu irrationnellement hostile, la violence de la révélation de parents démunis qui ne peuvent protéger que par l’amour. »
    Taubi est tellement en roue libre qu’elle oublie que sa phrase était interrogative (au moins pour la grammaire) et ne met pas de point d’interrogation.

    Après s’être emmêlée les pieds dans une question creuse à rallonge, elle fait dans la petite phrase coupante, genre grand style (brachylogie) :
    « Ces ignominies sont des délits. Elles sont matière pour la Justice. La Justice n’a pas failli. Les procureurs ont poursuivi, les juges ont jugé. Les condamnations sont multiples. »
    Le problème, Taubi, c’est que lorsqu’on utilise peu de mots, il faut bien les utiliser. Quand il n’y a qu’une idée par phrase, il faut qu’elle soit forte. Il en faut peu pour tomber dans le saugrenu, et du saugrenu dans le ridicule.
    Pour la dernière, un peu plate, j’aurais préféré, dans le style Taubi :
    « Maintes condamnations sont tombées. »

    Un must du style sapeur, le verbe « induire » :

    « Il appartient aux magistrats d’apprécier le degré de gravité qu’induit la multirécidive. »

    Donc la multirécidive (beau mot) induit un degré de gravité. Galimatias, quand tu nous tiens…

    « Pas lorsqu’un pitoyable bouffon spécule davantage sur les dividendes d’un scandale que sur les risques judiciaires »

    Le sapeur verbal aime la verroterie, le mot clinquant, le bimbelot. Lisez à haute voix cette phrase, ça cliquette comme du rap, comme du bijou doré vendu au kilo.

    De même :

    « Ces provocations putrides testent la société, sa santé mentale, sa solidité éthique, sa vigilance. »

    Il ne manque que le beat.
    « Faut-il avoir le cœur sec comme une branche tombée depuis des millénaires et pétrifiée, pour ne pas voir un semblable dans l’autre, homme, femme, enfant, celle, celui qui nous manque d’avoir été exterminé par cette froide folie ? »

    Le sapeur aime aussi la métaphore qui claque bien, la métaphore sublime : le cœur n’est pas seulement sec, il n’est pas seulement sec comme une pierre, non! il est sec comme un fossile. Et attention! il n’est pas question de dire simplement « fossile », on développe : une branche tombée depuis des millénaires et pétrifiée. Voilà le secret du sublime selon Taubira. Mais j’aurais préféré plus d’exactitude scientifique : comme une branche de fougère (Pecopteris arborescens), datant du carbonifère supérieur, qui serait tombée et aurait été recouverte de sédiments, ce qui aurait induit une pétrification par perminéralisation… A sublime, sublime et demi.

    « Il nous faut y répondre, car la démocratie ne peut se découvrir impuissante face à des périls qui la menacent intrinsèquement. »

    Présentement. Se découvrir impuissante, elle ne le peut, présentement. Ce serait un comble, là dis donc.

    « Il faut donc descendre dans l’arène, disputer pied à pied, pouce par pouce l’espace de vie commune… »

    Pied à pied, pouce par pouce. Poil après poil. Mais attention aux peaux de bananes.

    « faire reculer cette barbarie ricanante, la refouler, occuper le terrain par l’exigence et la convivialité. »

    On ne loue pas assez la force de l’exigence et surtout de la convivialité. Taubira, dans l’arène, gladiatrice de la convivialité.

    Comment se manifeste la convivialité selon Taubira ?

    « Agir. Réfléchir et agir. Relire attentivement la circulaire du 27 juin 2012 pour voir si nous aurions oublié une ligne, une virgule dont dépendrait l’efficacité des poursuites. Examiner note par note ce qui aurait pu être traité différemment, plus sévèrement. Comment faire face à cette nouvelle épreuve pour la démocratie ? »

    Les fonctionnaires de la Justice vont faire des heures supplémentaires. Peut-être que spécialement pour l’occasion on va en recruter quelques-uns. Il s’agit, pour une fois, d’être efficace. Les voitures brûlent, les vieillards meurent torturés, les maisons sont pillées, là où passent les Roms, l’herbe souillée d’or.dures ne repousse pas. Les radars saluent les go fast de leur flash impuissant. On poignarde à tout va. Les kalachs s’entassent dans les caves. Les pompiers craignent moins les flammes que ceux qu’ils sont censés secourir. Mais ce qui met la démocratie à l’épreuve et qui exige de mettre en branle tous les services de l’Etat, du simple flic jusqu’à Hollande, c’est Dieudonné et ses sketchs.

    « Car il est hors de question de commencer l’année en « livrant le monde aux assassins d’aubes » (Aimé Césaire). »

    En effet, les assassins d’aubes sont matière de la justice.

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